Cousines


La canicule sans les calanques, Paris c’est Marseille. Sans la mer, sans l’accent, sans le camion-pizza.

Evitez les quartiers centraux, oubliez l’ouest, c’est au nord et à l’est que résonnent le sud, l’Afrique, l’Orient et la Méditerranée…

Le bruit et les odeurs, le son du petit commerce exotique, le parfum de miel, de menthe et de jasmin.

Les deux mois les plus étranges de l’année, c’est à la Goutte d’Or, à Barbès, à Château Rouge, Belleville, en Petite Couronne – globalement de Clichy à Montreuil. C’est aussi passage Brady ou à Strasbourg-Saint-Denis.

Le pavé est sec, le bitume tout mou. La pluie parfois refroidit cette tiédeur pesante. La circulation des automobiles décroit jusqu’à atteindre une rumeur provinciale. Les mister freeze, les crèmes glacées. Le frigo ouvert pour ressentir un air plus frais. Des désirs alpins, penser aux montagnes, ses sommets immaculés même en été.

La voix du muezzin – l’ai-je rêvée ? – , l’odeur rafraichissante de cierge et de pierre de l’église, un rabbin en vélo.
Le bruit des jeux d’enfants d’un jardin public, un terrain de basket comme à Brooklyn ou au Queens.
Une salle de cinéma désertée mais climatisée, une terrasse avant la fermeture.
Courir à l’aube, voir un concert en plein-air, boire à la fontaine, dormir dans un parc, prendre le métro aérien ou battre la campagne avec un train de banlieue…

Un train tout court, vers Marseille.

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