Athènes ou la démocratie.


Alors que les présentateurs de télé se désolent quand l’émeute aurait bousillé «les belles décorations de Noël» réalisées par les magasins, la Grèce redevient, pour quelques heures, le centre de la civilisation européenne.
Cette fois-ci la démocratie est réelle – le pouvoir au peuple, directe – c’est-à-dire sans la médiation d’une pseudo-représentativité, et agissante – l’insurrection agit politiquement.

Si l’honnêteté nous pousse à voir dans le meurtre d’un innocent – réponse bien évidemment démesurée, ignoble surtout, par un agent des forces de l’Ordre, comme prétexte pour descendre dans la rue, comme légitimation à une révolte plus large des jeunes, celle-ci n’en reste pas moins noble.
Si certains n’attendait qu’un faux pas du gouvernement grec pour s’agiter, leur agitation ne manque pas de pertinence et de validité. L’offensive de la foule est pertinente et valide.

Les vitrines des banques volent enfin en éclat, les commissariats deviennent enfin des cibles, la rue est enfin peuplée et non plus seulement traversée.
L’espace, quelques temps durant, n’est plus le théâtre de l’ennui et du continuum petit-bourgeois.
L’agora est réquisitionnée pour faire exister la perturbation et nourrir la sédition.
Les individus divisés deviennent des insurgés et ces insurgés ne veulent plus être, du moins temporairement, ces individus que l’on s’est acharné à diviser.

Même si le contrôle repassera rapidement dans le giron de la Réaction, il aura eu l’éphémère privilège de revenir à son véritable «propriétaire» : le peuple grec.

Vive Athènes, vive Salonique…et toutes les autres.

étrangement : jeunes, casseurs, anarchistes, sont les termes amalgamés par la verve médiatique pour désigner les coupables du réveil.

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